Connaissez-vous vraiment vos conjugaisons françaises… sans avoir besoin de réfléchir ?
Dans cet épisode, je vous propose un quiz de niveau B1-B2 pour tester vos connaissances, mais surtout vos réflexes.
Subjonctif, conditionnel, imparfait, passé composé, hypothèses avec si, plus-que-parfait, futur antérieur… Nous allons revoir ensemble plusieurs temps essentiels pour parler français avec plus de naturel et d’aisance.
Pour chaque question, je vous donne la bonne réponse et je vous explique pourquoi on utilise ce temps ou cette forme.
À vous de jouer : prenez une feuille, notez vos réponses et découvrez votre score !
Cet épisode est disponible en format vidéo avec les sous-titres sur YouTube.
À bientôt,
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TRANSCRIPTION
Pour pouvoir parler français plus naturellement, il y a un point très important : connaître très, très bien ses conjugaisons, sans hésitation.
Est-ce que c’est votre cas ? Est-ce que vous connaissez bien vos conjugaisons ? Et surtout, est-ce que vous les connaissez suffisamment bien pour ne pas devoir réfléchir ou faire des pauses avant de conjuguer votre verbe dans une phrase ?
Si vous voulez vous tester, cet épisode est fait pour vous.
Bonjour à tous !
J’ai voulu faire cet épisode de podcast parce que j’ai beaucoup d’élèves qui me disent :
« J’ai voulu commencer à prendre des cours avec toi parce que j’ai beaucoup aimé tes épisodes sur la grammaire et la conjugaison. C’est très utile. »
C’est extrêmement important, en français, de bien connaître ses conjugaisons pour avoir davantage confiance en soi.
Je le vois en cours avec mes élèves. Mes cours sont vraiment basés sur l’expression orale, tout en travaillant la grammaire et la conjugaison quand c’est nécessaire.
Parfois, j’ai des élèves qui oublient d’utiliser le passé, par exemple, et qui vont parler au présent. Je leur fais alors un petit signe pour leur rappeler qu’il faut utiliser le passé, sans rien dire, simplement pour que l’élève puisse se corriger lui-même.
Il m’est déjà arrivé d’écouter un élève raconter une histoire entièrement au présent et de lui demander :
« Mais attends, ça s’est passé cette semaine ? »
Et l’élève me répond :
« Ah non, ça s’est passé il y a dix ans ! »
J’ai également des élèves seniors. Certains ont 80 ans et parlent de leurs parents au présent. Alors je leur dis : « Attention… »
J’ai d’ailleurs un élève indien qui a beaucoup de chance : il a presque 80 ans et sa maman est encore en vie !
Mais il est vraiment important de refaire régulièrement des piqûres de rappel et d’être sûr de ses conjugaisons.
Cela faisait très longtemps que je n’avais pas proposé de quiz sur les conjugaisons. Aujourd’hui, je vais donc vous tester avec 15 questions centrées sur la conjugaison française, pour des niveaux allant de B1 à B2.
C’est parti pour le quiz !
Question 1 — Le subjonctif présent
Complétez :
Il faut absolument que nous ______ cette situation au sérieux.
A. prenons
B. prenions
C. prendrions
La phrase correcte est :
Il faut absolument que nous prenions cette situation au sérieux.
Ici, nous utilisons le subjonctif présent.
Pourquoi ? Parce qu’avec « il faut que », qui exprime la nécessité, vous devez utiliser le subjonctif.
Le subjonctif est extrêmement important. On commence déjà à l’étudier au niveau B1 avec des structures comme « il faut que ». Si vous voulez atteindre un bon niveau avancé, il est indispensable de le maîtriser.
Je passe beaucoup de temps à le travailler avec mes élèves, en particulier avec mes élèves anglophones, parce que le subjonctif n’existe pas de la même manière en anglais.
C’est vraiment une étape indispensable pour atteindre un niveau avancé en français.
Travaillez donc bien votre subjonctif et essayez de le maîtriser, même si je sais que c’est une conjugaison difficile.
Question 2 — Le radical du futur simple
Quel est le radical, ou la base, du verbe venir au futur simple ?
A. ven-
B. vienn-
C. viendr-
La bonne réponse est :
viendr-
Le radical du futur simple est donc viendr-. C’est un radical irrégulier.
Il est extrêmement important de connaître les radicaux irréguliers du futur simple parce que c’est un temps que nous utilisons souvent.
Mais surtout, cela vous servira également à conjuguer correctement le conditionnel présent, puisque le conditionnel présent utilise la même base que le futur simple.
Donc, si vous connaissez parfaitement vos radicaux du futur simple, vous pourrez beaucoup plus facilement conjuguer vos verbes au conditionnel présent.
Question 3 — Imparfait ou passé composé ?
Complétez :
Je ______ tranquillement quand quelqu’un ______ à la porte.
A. Je travaillais tranquillement quand quelqu’un a frappé à la porte.
B. J’ai travaillé tranquillement quand quelqu’un frappait à la porte.
C. Je travaillais tranquillement quand quelqu’un frappait à la porte.
La phrase correcte est :
Je travaillais tranquillement quand quelqu’un a frappé à la porte.
Quand vous avez ces deux temps, le passé composé et l’imparfait, retenez que la description ou l’action qui dure est généralement exprimée à l’imparfait.
L’action courte qui vient interrompre cette action est au passé composé.
Je travaillais tranquillement : action longue.
Cette action est interrompue par une action courte :
Quelqu’un a frappé à la porte.
C’est une distinction qui peut être difficile pour les élèves anglophones. En anglais, on utilise notamment le simple past tense — I worked — alors qu’en français, il faut vraiment bien maîtriser la différence entre l’imparfait et le passé composé.
Il est donc indispensable de bien connaître les règles d’utilisation de ces deux temps.
Question 4 — Le plus-que-parfait
Comment forme-t-on le plus-que-parfait ?
A. L’auxiliaire au présent + le participe passé
B. L’auxiliaire à l’imparfait + le participe passé
C. L’auxiliaire au conditionnel + le participe passé
La bonne réponse est :
L’auxiliaire être ou avoir à l’imparfait + le participe passé.
Par exemple :
J’avais travaillé.
Attention : l’auxiliaire au présent + le participe passé correspond au passé composé.
J’ai des élèves qui confondent souvent le plus-que-parfait et le passé composé. Pourtant, ce sont deux temps vraiment différents qu’il ne faut surtout pas confondre.
Question 5 — Le conditionnel présent
Complétez :
À ta place, je ______ à cette proposition avant de répondre.
A. réfléchirai
B. réfléchirais
C. réfléchissais
La bonne réponse est :
À ta place, je réfléchirais à cette proposition avant de répondre.
C’est du conditionnel présent.
Pourquoi ? Parce qu’ici, on donne un conseil ou une suggestion :
À ta place, je réfléchirais…
En anglais : If I were you, I would…
Je réfléchirai, avec la terminaison -ai, correspond au futur simple.
Je réfléchirais, avec la terminaison -ais, correspond au conditionnel présent.
C’est parfois difficile parce que les deux formes ont la même prononciation.
Enfin, je réfléchissais est à l’imparfait et ne fonctionne pas dans cette phrase.
Question 6 — Comment former le conditionnel présent ?
Comment forme-t-on le conditionnel présent ?
A. Radical du futur simple + terminaisons de l’imparfait
B. Radical de l’imparfait + terminaisons du futur
C. Infinitif + terminaisons du présent
La bonne réponse est la première :
Radical du futur simple + terminaisons de l’imparfait.
Pour former le conditionnel présent, on utilise donc la même base que pour le futur simple, puis on ajoute les terminaisons de l’imparfait.
J’entends souvent :
« Pour le futur et le conditionnel présent, la base, c’est l’infinitif. »
Attention : ce n’est qu’une partie de la règle.
Cela fonctionne pour les verbes réguliers en -ER et -IR.
Par exemple, avec le verbe manger, vous prenez l’infinitif et vous ajoutez les terminaisons :
Je mangerai, tu mangeras, il mangera…
Mais cette règle ne fonctionne pas pour tous les verbes, puisqu’il existe de nombreux radicaux irréguliers.
Question 7 — L’hypothèse au présent
Les hypothèses, c’est vraiment le cauchemar de beaucoup de mes élèves, qu’ils aient un niveau intermédiaire ou avancé !
Quelle phrase est correcte ?
A. Si j’aurais plus de temps, je reprendrais des cours de français.
B. Si j’avais plus de temps, je reprendrais des cours de français.
C. Si j’ai plus de temps, je reprendrais des cours de français.
La bonne réponse est :
Si j’avais plus de temps, je reprendrais des cours de français.
Nous avons ici une hypothèse :
Si + imparfait → conditionnel présent
Donc :
Si j’avais plus de temps, je reprendrais des cours de français.
En revanche, pour exprimer une condition, on peut dire :
Si j’ai plus de temps, je reprendrai des cours de français.
Dans ce cas :
Si + présent → futur simple
Question 8 — L’hypothèse dans le passé
Autre question sur l’hypothèse.
Quelle phrase est correcte ?
A. Si tu me l’avais dit plus tôt, j’aurais pu t’aider.
B. Si tu me l’aurais dit plus tôt, j’aurais pu t’aider.
C. Si tu me le disais plus tôt, j’aurais pu t’aider.
La bonne réponse est :
Si tu me l’avais dit plus tôt, j’aurais pu t’aider.
C’est une hypothèse irréalisable avec une conséquence dans le passé.
La situation est terminée. On ne peut plus la changer.
Nous utilisons donc :
Si + plus-que-parfait → conditionnel passé
Si tu me l’avais dit plus tôt, j’aurais pu t’aider.
C’est une structure qui est vraiment difficile pour beaucoup d’élèves.
Pour travailler les réflexes à l’oral, quand les règles sont bien comprises et assimilées, je donne à mes élèves des phrases qu’ils doivent reformuler sous forme d’hypothèses. Ils peuvent également créer leurs propres hypothèses avec certains verbes et surtout les répéter à l’oral chez eux.
Une élève me demandait récemment :
« Virginie, comment est-ce que je fais pour intégrer certaines formes difficiles du subjonctif à l’oral ? »
La réponse est simple : il faut être le plus conscient possible des structures que l’on utilise et répéter, répéter, répéter à l’oral.
Sans répétition, il est très difficile d’assimiler et d’appliquer correctement les règles.
Question 9 — Le conditionnel passé
Un peu plus difficile maintenant.
Quelle phrase est correcte ?
A. Sans votre aide, nous n’aurions jamais réussi à temps.
B. Sans votre aide, nous n’aurons jamais réussi à temps.
C. Sans votre aide, nous n’aurions jamais pu réussir à temps.
Il y a un petit piège : deux réponses sont possibles.
La première :
Sans votre aide, nous n’aurions jamais réussi à temps.
C’est du conditionnel passé.
Mais cette phrase est également correcte :
Sans votre aide, nous n’aurions jamais pu réussir à temps.
Ici, c’est le verbe pouvoir qui est conjugué au conditionnel passé, suivi de l’infinitif réussir.
Question 10 — Le subjonctif du verbe « faire »
Quelle forme est correcte au subjonctif présent ?
A. que nous faisions
B. que nous fassions
C. que nous fessions
La forme correcte est :
que nous fassions
F-A-S-S-I-O-N-S.
Question 11 — Le subjonctif passé
Quelle phrase est correcte ?
A. Je suis ravie que vous avez pu venir à la réunion hier.
B. Je suis ravie que vous puissiez venir à la réunion hier.
C. Je suis ravie que vous ayez pu venir à la réunion hier.
La phrase correcte est :
Je suis ravie que vous ayez pu venir à la réunion hier.
Nous utilisons ici le subjonctif passé.
« Être ravi », « être content » expriment une émotion : on utilise donc le subjonctif.
Pourquoi le subjonctif passé ?
Parce que « je suis ravie » exprime mon émotion maintenant, alors que l’action exprimée au subjonctif s’est produite avant :
Vous avez pu venir à la réunion hier.
Le subjonctif passé se forme avec :
Auxiliaire être ou avoir au subjonctif présent + participe passé.
J’entends souvent des personnes dire :
« Le subjonctif passé, c’est un temps littéraire qu’on n’utilise jamais. »
C’est complètement faux. On utilise beaucoup, à l’oral, le subjonctif présent et le subjonctif passé.
Question 12 — Le futur antérieur
Quelle phrase est correcte ?
A. Quand vous finirez ce dossier, vous pourrez passer au suivant.
B. Quand vous aurez fini ce dossier, vous pourrez passer au suivant.
C. Quand vous aviez fini ce dossier, vous pourrez passer au suivant.
La phrase attendue ici est :
Quand vous aurez fini ce dossier, vous pourrez passer au suivant.
Nous utilisons le futur antérieur.
C’est un temps qui n’est malheureusement pas toujours assez étudié en cours, alors qu’il est très important.
Dans le mot antérieur, vous retrouvez l’idée d’antériorité, c’est-à-dire une action qui se déroule avant une autre.
Ici, nous avons deux actions futures :
- Vous aurez fini le dossier.
- Vous pourrez passer au suivant.
La première action future est exprimée au futur antérieur et la deuxième au futur simple.
Le futur antérieur se forme avec :
Auxiliaire être ou avoir au futur simple + participe passé.
Question 13 — Indicatif ou subjonctif ?
Est-ce que cette phrase est correcte ?
Il me semble que vous soyez fatigué aujourd’hui.
Non, cette phrase n’est pas correcte dans ce contexte.
On dira :
Il me semble que vous êtes fatigué aujourd’hui.
Avec « il me semble que », on utilise normalement l’indicatif.
En revanche, avec « il semble que », on peut rencontrer l’indicatif ou le subjonctif selon la nuance que l’on souhaite exprimer.
Par exemple :
Il semble que vous soyez fatigué.
Ici, je ne suis pas sûre. Il y a un doute, donc j’utilise le subjonctif.
Mais imaginons que je dise :
« Tu as des cernes sous les yeux. »
Les cernes, ce sont ces marques un peu foncées ou mauves sous les yeux quand on est très fatigué.
Je peux alors dire :
Il me semble que tu es fatigué.
C’est ce que j’observe.
Même chose avec :
Le ciel est noir. Il semble qu’il va pleuvoir.
Je vois les signes devant moi et je suis quasiment sûre qu’il va pleuvoir.
C’est ce qui est intéressant avec le subjonctif et l’indicatif : certaines structures permettent d’apporter des nuances différentes à votre discours.
Question 14 — La concordance des temps
Dernière question : la concordance des temps.
Quelle phrase est correcte ?
A. Je pensais qu’elle comprend déjà le problème, mais j’ai réalisé qu’elle n’en a jamais entendu parler.
B. Je pensais qu’elle avait déjà compris le problème, mais j’ai réalisé qu’elle n’en avait jamais entendu parler.
C. Je pensais qu’elle aurait déjà compris le problème, mais je me suis rendu compte qu’elle n’en aurait jamais entendu parler.
La bonne réponse est :
Je pensais qu’elle avait déjà compris le problème, mais j’ai réalisé qu’elle n’en avait jamais entendu parler.
Ici, nous utilisons le plus-que-parfait :
elle avait déjà compris
elle n’en avait jamais entendu parler
Pour aller plus loin
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On se dit à la semaine prochaine pour un nouvel épisode !
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