Quand je suis arrivée au Mexique, je ne parlais pas un mot d’espagnol. Aujourd’hui, je suis presque bilingue… mais le chemin n’a pas toujours été facile !
Dans ce nouvel épisode de « À vous de parler », je réponds à Jeff et vous raconte mes débuts parfois embarrassants, mes difficultés et surtout ce qui m’a permis de progresser sans prendre un seul cours.
Une expérience personnelle qui pourrait bien changer votre façon d’apprendre le français !
Cet épisode est disponible en format vidéo avec les sous-titres sur YouTube.
Bonne écoute !
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TRANSCRIPTION
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour un nouvel épisode podcast et vidéo podcast d’Eh Oui.
Aujourd’hui, épisode court où vous avez la parole. C’est un nouveau concept que j’ai lancé il y a quelques semaines où vous pouvez avoir la parole.
Vous pouvez me laisser un message audio WhatsApp. Vous pouvez dire votre prénom, en inventer un ou tout simplement être anonyme.
Et vous pouvez laisser un message avec une question, un doute, que ce soit au niveau culturel, grammaire, ce que vous voulez. Je le partage dans l’épisode et on en parle ensemble.
Aujourd’hui, on va écouter un message de Jeff.
Jeff :
Bonjour à tous, je m’appelle Jeff. J’habite dans un petit État appelé le Delaware, juste au sud de Philadelphie, aux États-Unis.
J’ai cinquante-six ans. J’apprends le français depuis le confinement.
Virginie, j’aimerais en savoir plus sur ton parcours d’apprentissage de l’espagnol. Pourrais-tu nous raconter une histoire amusante sur une situation vécue au Mexique alors que tu étais débutante avec la langue ?
Merci pour ton temps et félicitations pour ton nouveau livre.
Mes débuts en espagnol au Mexique
Merci Jeff pour ton message et merci aussi pour le compliment.
Alors, mon parcours en espagnol n’a pas du tout été orthodoxe parce que je n’ai pris aucun cours d’espagnol.
Je suis arrivée au Mexique en 2013 et vraiment, je ne parlais pas un mot d’espagnol. Je savais peut-être seulement conjuguer certains verbes réguliers, les verbes être et avoir, et puis c’est tout.
Je suis arrivée seulement avec un travail. Je suis arrivée à l’Alliance française.
C’est le concert avec les chiens de ma voisine. J’espère que ce ne sera pas trop dérangeant pour l’épisode.
Et je me rappelle, la première chose que j’ai faite, c’était quelques jours après mon arrivée.
Ma collègue française habitait… On n’était pas colocataires, c’est-à-dire qu’on ne vivait pas dans le même endroit, mais on avait deux petits appartements l’un à côté de l’autre.
Et elle, elle parlait déjà très bien espagnol et me dit : « Virginie, s’il te plaît… »
Est-ce qu’elle fumait ? Je ne sais pas si elle fume, je ne sais plus si elle fumait ou si c’était pour allumer le gaz.
Elle me disait : « Virginie, est-ce que tu peux aller à l’épicerie du coin ? »
Donc l’épicerie, c’est le petit magasin.
« Pour aller m’acheter un briquet. »
Le briquet, c’est ce dont on a besoin quand on veut, par exemple, allumer une cigarette.
Et je lui disais : « Mais comment on dit briquet en espagnol ? »
Elle m’a dit : « Encendedor. »
Et je me rappellerai toujours, l’épicerie était à deux minutes à pied. Et dans ma tête, je marchais et je me disais :
« Encendedor, encendedor, encendedor. N’oublie pas, Virginie, que c’est encendedor. »
J’arrive devant la vendeuse et là, je perds complètement mes moyens.
Perdre ses moyens, ça signifie que je ne savais plus quoi dire, je ne savais plus quoi faire et j’avais complètement oublié le nom.
La vendeuse ne parlait pas un mot d’anglais et je me rappellerai très bien. J’étais devant elle et je faisais le signe d’un briquet.
Et je me sentais vraiment très, très mal à l’aise et je me dis : « Waouh, ça commence très, très bien ! »
Finalement, j’ai réussi à acheter un briquet, mais c’est intéressant.
C’est quand on passe par des moments comme ça, difficiles, où on a du mal à se faire comprendre, où on est dans des situations embarrassantes. C’est ça qui motive encore plus pour avoir un bon niveau et apprendre le plus rapidement possible.
Mon modèle pour apprendre l’espagnol
Et je me rappelle, à l’époque, c’est grâce à mon travail à l’Alliance française que j’ai connu Amélie, qui est maintenant une amie et une des professeures de mon équipe.
Et quand je suis arrivée, elle parlait très, très bien espagnol. Ça faisait plusieurs années, je crois, qu’elle habitait au Mexique.
Et elle avait aussi habité, je crois, un petit peu en Espagne.
Et je l’écoutais, je la voyais et c’était un peu comme mon modèle.
Je me dis :
« Mon rêve, ce serait de pouvoir un jour parler comme elle, aussi rapidement, de manière aussi fluide, être aussi à l’aise. »
Et un de mes rêves s’est réalisé parce que maintenant, on a le même niveau en espagnol.
Donc ça, c’est vraiment le premier épisode auquel je pense.
Quand mon cerveau refusait de retenir l’espagnol
Je me rappelle aussi, au début, quand je suis arrivée… Pourtant, je n’ai jamais aimé la série Friends.
Je n’ai jamais été fan. Donc, pour les fans, les gens qui adorent Friends, désolée, mais à l’époque, c’était diffusé en français à la télévision française.
Et de toute façon, je pense que c’est vraiment très important de regarder les séries ou les films dans la langue maternelle pour mieux comprendre, pour mieux apprécier les blagues, les tournures de phrases, etc.
Et je me rappelle que mon frère m’avait passé toutes les saisons de Friends.
Mon cerveau avait besoin de s’accrocher à quelque chose de familier. Et une langue qui était familière pour moi, c’était l’anglais.
Et je me rappelle que je n’arrêtais pas de regarder les épisodes en anglais.
Et j’essayais aussi de regarder un petit peu les telenovelas mexicaines, même si ce n’est pas du tout ce que j’aime regarder.
Je me disais : « Bon, ça ne vole pas très haut. »
C’est une expression idiomatique, ça ne vole pas haut. Ça signifie que franchement, le niveau est très, très bas.
Je vais commencer à comprendre petit à petit.
Et je regardais, j’essayais d’apprendre certains mots et mon cerveau bloquait complètement.
Il ne voulait pas retenir un seul mot d’espagnol. C’était que de l’anglais qui me venait en tête, français ou anglais.
Et je me disais :
« Mais je suis stupide, je ne vais jamais réussir à apprendre l’espagnol. »
Je pensais à ça : « L’espagnol, ce n’est pas fait pour moi. Je suis limitée à l’anglais, au français et c’est terminé pour moi. »
Bien sûr que non, ça ne s’est pas passé comme ça.
Au bout de quelques semaines, ça commençait déjà. Je commençais déjà à apprendre des mots de vocabulaire.
Et le message ici, pour moi important, c’est :
Ne vous arrêtez pas, ne vous bloquez pas à la première difficulté.
Et je ne parle pas seulement pour les niveaux débutants. On peut rencontrer des difficultés à un niveau avancé.
D’ailleurs, plus on avance dans une langue et plus c’est difficile.
Donc surtout, ne bloquez pas à la première difficulté et soyez persévérants.
La persévérance dans l’apprentissage d’une langue
Ça, pour moi, ce qui m’a sauvée dans mon apprentissage de l’espagnol, c’est la persistance.
Je me rappelle, au début, quand je suis arrivée au Mexique, mes premières connaissances parlaient très, très bien anglais.
Et je me rappelle, j’avais un ancien ami qui n’arrêtait pas de me parler en anglais.
Et je dis :
« Mais arrête de me parler anglais, s’il te plaît, parle-moi en espagnol parce que c’est comme ça que je vais commencer à apprendre et à mieux comprendre. »
Mais je pense qu’il ne voulait pas me frustrer ou peut-être que lui aussi, d’une certaine manière, il voulait pratiquer son anglais, je ne sais pas.
Mais c’est grâce à ça, grâce au fait que moi, je voulais vraiment m’écarter le plus possible de l’anglais pour pouvoir laisser la place à l’espagnol.
Et c’est grâce à ça que moi, maintenant, je peux dire que je suis quasiment bilingue en espagnol mexicain.
Parce que bien sûr, l’argot est très différent d’un pays à l’autre, d’un pays hispanophone à l’autre.
Mais voilà, je suis quasiment bilingue en espagnol mexicain.
L’importance des expressions idiomatiques pour parler naturellement
Et pour moi, c’est très, très important d’insister sur le fait qu’à un niveau avancé, ce qui va faire vraiment la différence quand je parle en espagnol, c’est vraiment l’utilisation des expressions idiomatiques.
Donc vous, dès que vous pouvez, même à un niveau intermédiaire, vous pouvez commencer à utiliser des expressions idiomatiques en français.
Et c’est seulement en les utilisant que vous arrivez vraiment à les intégrer dans votre discours.
Et c’est pour ça que j’ai écrit Expressions idiomatiques en contexte.
Je me suis inspirée de mes élèves et aussi de mon propre apprentissage en espagnol et en anglais, parce que les expressions idiomatiques, c’est vraiment ce qui va faire la différence à un niveau intermédiaire et surtout à un niveau avancé.
D’accord ?
À un niveau intermédiaire, vous pouvez commencer déjà à découvrir certaines expressions idiomatiques.
À un niveau avancé, c’est vraiment important de commencer à les intégrer dans votre français au quotidien.
Dans ce livre, vous trouverez une centaine d’expressions idiomatiques avec l’explication du sens et aussi les origines des expressions idiomatiques.
Ce livre est disponible sur Amazon et je vous mets le lien en description.
Voilà pour cet épisode de podcast qui, j’espère, vous a plu et vous aidera dans votre apprentissage du français.
Si vous voulez laisser un message vocal, n’hésitez pas, le numéro WhatsApp est le +52 618 256 16 62.
À bientôt pour un nouvel épisode !
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